Essai comparatif : la Dacia Sandero Stepway défie la Citroën C3 – L'Argus: actualités automobiles


La troisième génération de Dacia Sandero fait figure, comme ses devancières, d’épouvantail sur le marché des citadines polyvalentes, tant et si bien qu’elle caracole régulièrement en tête des voitures les plus vendues aux particuliers. Offrir un tout petit peu moins que les autres pour beaucoup moins cher reste son credo, qui donne la migraine aux responsables commerciaux des autres constructeurs. C’est encore plus vrai avec la dernière en date, qui repose sur une plate-forme technique moderne et va jusqu’à proposer de véritables aides à la conduite, comme une prolétaire qui viendrait manger à la table du patron.

Face à elle, la Citroën C3 ne renonce cependant pas et vient même d’affûter ses arguments. Depuis 2020 elle arbore une face avant encore plus complexe et fait valoir de nouvelles possibilités de personnalisation, ainsi que de nouveaux sièges reprenant les mousses « Advanced Confort » chères à la marque. La C3 conserve son apparence de petit SUV, comme si elle voulait répliquer à la version Stepway de la Sandero. Face au trois-cylindres 100 ch de cette dernière, nous avons retenu sa motorisation d’entrée de gamme, à savoir le 1.2 Puretech 82 ch, toujours associé à la transmission à cinq rapports.

Match Dacia Sandero Citroën C3
La Citroën C3 et la Dacia Sandero Stepway arborent des attributs esthétiques typiques de l’univers des SUV.

 

Prix Dacia Sandero Stepway

Évidemment, c’est au chapitre tarifaire que la Sandero marque encore et toujours le plus de points, même si elle vient d’enregistrer une hausse de 300 €. En version Stepway Confort, c’est-à-dire la plus équipée avant l’arrivée prochaine de la Prestige, elle est facturée 14 190 € et continue à proposer l’installation GPL en série. Rappelons que ce carburant, facturé 0,85 €/l, n’empêche pas de continuer à rouler à l’essence puisque l’auto embarque deux réservoirs. Par ailleurs, l’équipement de la roumaine n’a rien d’indigent. Il profite déjà de la climatisation automatique, de l’écran tactile de 8” avec réplication du smartphone, du freinage automatique d’urgence, du régulateur de vitesse et des fameuses barres de toit qui permettent d’installer une galerie en un tournemain. Et comme si cela ne suffisait pas, le catalogue propose des options particulièrement abordables, telles que la carte mains libres à 400 € ou la caméra de recul à 200 €.

 

Prix Citroën C3

Sur ce point, la Citroën ne peut que marquer le coup, même si elle est proposée dans une série spéciale C-Series a priori avantageuse. Par rapport à la Dacia, elle possède une petite avance en matière de dotation grâce à ses quatre vitres électriques à impulsion (seule celle du conducteur est séquentielle sur la Dacia), à ses phares à LED, à son vitrage surteinté à l’arrière, à ses rétroviseurs rabattables électriquement et à ses nombreuses possibilités de personnalisation. La Citroën C3 C-Series bénéficie ainsi de décors de toit spécifiques, mais aussi d’une sellerie et d’un bandeau de planche de bord en cuir synthétique. Ainsi parée, elle conserve un aspect très actuel et n’a rien à envier à l’apparence de la Stepway. Cependant, ces menus raffinements ne suffisent pas à compenser l’écart de prix, qui se chiffre à 4 060 €. Un gouffre à ce niveau de gamme, d’autant qu’elle ne reçoit pas de freinage automatique d’urgence et que très peu d’options figurent au catalogue. Et l’on ne parle même pas de ses 18 ch de moins ni du fait qu’elle ne carbure pas au GPL. 

 

À conduire

Dacia Sandero
La Dacia Sandero repose sur la plate-forme de la Renault Clio. D’où des motorisations et des équipements au goût du jour.

Même si le moteur Eco G-100 de la Dacia n’est pas un foudre de guerre, il domine facilement le trois-cylindres de la Citroën du haut de ses 100 ch grâce à sa transmission à six rapports et à son turbo offrant une bien meilleure disponibilité. La différence est particulièrement perceptible au-delà de 100 km/h, où il relance beaucoup mieux que le Puretech. La roumaine se révèle encore plus performante lorsqu’on bascule sur le GPL, où elle gagne 10 Nm tandis que le couple maximal est disponible 1 750 tr/min plus bas. Les chiffres de performance parlent d’eux-mêmes : la Sandero abat le 0 à 100 km/h en 1,7 s de moins que sa rivale.

Cependant, tout n’est pas rose à bord de la Dacia. Sur cette version Stepway le confort de suspension apparaît perfectible en raison d’un filtrage insuffisant des irrégularités, et sur autoroute les bruits d’air se font très présents. La précision de conduite est correcte mais pas meilleure que celle de la C3. Côté consommation, il faut compter 6,5 l de sans-plomb sur un parcours mixte et 1,5 l de plus en mode GPL. Même si c’est plus que la Citroën, son autonomie totale s’avère tout simplement imbattable grâce à ses deux réservoirs.

 

Citroën C3 C-Series
La C3 apparaît beaucoup plus silencieuse et confortable que sa rivale.

Si la C3 se fait nettement dominer au chapitre des performances, son moteur atmosphérique ne démérite pas car il accepte sans broncher de reprendre assez bas dans les tours et se révèle beaucoup moins vibrant et bruyant que celui de la roumaine. Sa commande de boîte accroche aussi moins. Qui plus est, la petite Citroën se rattrape nettement au chapitre confort et pas seulement grâce à ses sièges « Advanced Confort ». Sa suspension est en effet bien plus prévenante et s’affirme même comme l’une des plus douces de son segment.

Les bruits d’air sont également mieux maîtrisés à haute vitesse. Or ces meilleures prestations ne se paient pas par une moindre efficacité routière. Certes la C3 prend un peu de roulis et sa direction apparaît un peu floue en son point milieu, mais elle conserve une adhérence au-dessus de tout soupçon, même en cas d’erreur grave du conducteur, et se montre finalement plus amusante à piloter que la Dacia. Enfin, nous avons été impressionnés par sa sobriété, avec une consommation moyenne de 5,6 l/100 km seulement sur un parcours mixte.

 

À vivre

Dacia Sandero planche de bord
La qualité de finition de la Sandero n’est pas tout à fait au niveau de celle de la C3.

Nous l’avons beaucoup écrit : la Dacia Sandero a fait de gros progrès en matière de finition, tant au niveau de la qualité des matériaux que des assemblages. Néanmoins, la C3 conserve une petite longueur d’avance, particulièrement en ce qui concerne les sièges. Non seulement ils adoptent les mousses spécifiques chères à Citroën, mais l’aspect de leur sellerie est bien plus valorisant. L’insert de cuir synthétique devant le passager est un peu plus léché que celui en tissu de la Sandero, et elle recèle quelques détails un peu plus cossus comme les accoudoirs de portière arrière molletonnés et un grain de plastique un peu plus flatteur. Ces belles intentions sont néanmoins plombées par son ergonomie, bien moins judicieuse.

intérieur Citroën C3
La planche de bord de la C3 pèche par son ergonomie, basée sur son écran.

La Citroën place son écran multimédia beaucoup plus bas que celui de sa rivale et lui confie trop de commandes, à commencer par celles de la climatisation. On préfère donc nettement celui de la Dacia, qui lui adjoint en outre un support dédié pour téléphone. Très malin. On apprécie également le rangement de bas de console, plus grand, d’autant que la C3 gâche un peu son talent avec son réduit placé en dessous de l’écran et qui s’avère guère utilisable au quotidien.

Banquette Dacia Sandero Stepway
Places arrière Sandero Stepway
banquette Citroën C3
Places arrière Citroën C3

Avec 10 cm en plus en longueur, la Sandero n’a pas de mal à maintenir son avantage sur le plan de l’habitabilité. Elle offre davantage d’espace aux jambes à l’arrière, même si la banquette de la C3 est plus confortable. Et son coffre se montre plus généreux, bien que l’écart ne soit que de 28 l. Match nul en ce qui concerne la modularité, parfaitement identique chez les deux concurrentes, qui ne proposent pas de plancher réglable en série.

Retrouvez le bilan du match et les fiches techniques comparées en page suivante…



Source

Powered by moviekillers.com