#DIRECT Kim Yo-jong, la « dame de fer » de Pyongyang – Le Monde

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Kim Yo-jong, la sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, apparaît lors d’un programme télé retransmis à la gare de Séoul, le 17 juin.

L’escalade fut aussi brutale que la désescalade soudaine. Après des attaques au vitriol du gouvernement sud-coréen puis le dynamitage du bureau de liaison intercoréen à Kaesong (ville nord-coréenne proche de la zone démilitarisée [DMZ] séparant les deux pays), Kim Jong-un a renversé la vapeur en annonçant suspendre les actions militaires contre le Sud.

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Le régime est coutumier de ces revirements tactiques qui permettent au dirigeant de donner l’image d’un homme imprévisible – et ainsi maître du jeu. Avec cette fois une particularité : l’offensive contre le Sud a été menée par Kim Yo-jong, sa sœur cadette, tandis que lui-même restait en retrait. Que signifie cette volte-face du régime ? Désaveu du dirigeant entamant l’autorité de sa plus proche collaboratrice ? L’hypothèse semble peu probable. D’une part, les actions militaires annoncées n’ont pas été annulées mais « suspendues » ; en outre, dans un système monolithique comme celui de la République populaire démocratique de Corée RPDC), une divergence au sommet ne serait pas tolérée. L’hypothèse d’une répartition des tâches semble plus probable.

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Rondement menée, l’offensive a eu des effets : « Le dynamitage du bureau de liaison intercoréen a contraint le ministre de l’unification du Sud à démissionner et Séoul à prendre des mesures pour stopper les envois par des réfugiés à travers la DMZ de ballons avec des messages dénonçant le régime. Aller plus loin aurait été contre-productif, estime Cheong Seong-chang, de l’Institut Sejong à Séoul. Kim Yo-jong s’est montrée capable de mobiliser des hauts cadres et d’organiser des manifestations de masse. C’est à son crédit. »

Une évolution du régime

Signataire de diatribes contre le Sud, ridiculisant le président Moon Jae-in et menaçant de « représailles », publiées début juin dans Rodong Sinmun (organe du parti du travail), Kim Yo-jong est passée du rôle de plus proche collaboratrice de son frère à celui de « dame de fer » du régime.

Petite-fille de Kim Il-sung (1912-1994), elle appartient à la « glorieuse lignée du mont Paektu » – volcan éteint à la frontière avec la Chine, berceau de la guérilla antijaponaise dont le régime tire sa légitimité. Fondé sur cette lignée et une personnalisation exacerbée du pouvoir, le système nord-coréen exclut tout « numéro deux » : lorsqu’un membre de la famille émerge aux côtés du dirigeant en place, c’est qu’il est appelé à devenir le successeur en titre.

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