#DIRECT En Corée du Nord, Kim Jong-un renforce son pouvoir en se hissant au niveau de son père – Le Monde

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Kim Jong-un, lors du 8e congrès du Parti du travail, le 10 janvier à Pyongyang.

Promu, « à l’unanimité », selon les médias officiels du 10 janvier, secrétaire général du Parti du travail au cours du 8e congrès de celui-ci, Kim Jong-un est désormais placé sur le même plan que son père, Kim Jong-il (1942-2011), et son grand-père Kim Il-sung (1912-1994), et non plus comme leur héritier tirant son autorité de cette seule ascendance. Etant donné les pleins pouvoirs (politique, militaire, diplomatique) dont il dispose, sa « promotion » est symbolique, mais renforce son prestige comme figure centrale du parti.

Quelques mois après la mort de son père (en décembre 2011), devenu « secrétaire général pour l’éternité », à la même enseigne que son propre père, « président pour l’éternité », Kim Jong-un avait été nommé premier secrétaire puis président du parti. Le poste de secrétaire général était resté vacant. « La dénomination de “président” était trop vague, car il y a beaucoup de présidents et vice-présidents au sein de la direction du parti ; la fonction de secrétaire général, plus claire, renforce son autorité », estime Cheong Seong-chang, de l’Institut Sejong à Séoul. Kim Jong-un revient à une conception plus orthodoxe, moins présidentialiste, de la gestion du pouvoir dans un régime socialiste.

Son nouveau titre et l’apparition, pour la première fois, de son portrait en uniforme de maréchal dans un couloir de la Maison de la culture du 25-Avril, où avait lieu le congrès, « ouvre la porte à un culte de la personnalité renforcé comme ce fut le cas de Kim Il-sung », avance Go Myong-hyun, chercheur à l’Institut d’études politiques Asan (Séoul).

Pas de mention de Kim Yo-jong

Dans des régimes opaques comme celui de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, nom officiel de la Corée du Nord), la promotion ou la disparition des personnalités composant la nomenclature annoncées à l’issue des congrès alimentent les spéculations des observateurs sur les figures émergentes ou au contraire en retrait – sinon purgées.

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Cette fois, la surprise a été l’absence de toute mention de Kim Yo-jong, sœur cadette et proche collaboratrice de Kim Jong-un, en laquelle des experts de la RPDC voient une figure susceptible de jouer un rôle déterminant en cas d’incapacité de son frère, voire de lui succéder. Spéculations avivées à la suite de la mystérieuse disparition de celui-ci pendant plusieurs semaines, au printemps 2020.

Or, Kim Yo-jong ne figure plus parmi les membres suppléants du bureau politique – bien qu’elle ait participé à sa dernière réunion le 29 décembre 2020. Ayant joué un rôle pivot dans les relations intercoréennes en 2018 et 2019, puis dans le raidissement du régime vis-à-vis du Sud (dynamitage du bureau de liaison intercoréen à Kaesong, en juin 2020), elle apparaissait comme une figure influente et crainte au sein de l’appareil dirigeant.

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