#coronavirus Coronavirus : le prêt garanti par l'Etat en quatre questions – Les Échos

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Publié le 1 juil. 2020 à 11h05

Comme la plupart de ses voisins européens, l’Etat français a ouvert le robinet pour irriguer l’économie, largement affectée par la pandémie de Covid-19. Pour éviter les faillites en série, le gouvernement a notamment décidé de faciliter l’accès au crédit pour les entreprises. C’est l’objectif assumé du prêt garanti par l’Etat (PGE).

1. Qu’est-ce qu’un prêt garanti par l’Etat ?

Pour contrer les effets de la crise, le gouvernement a mis en place plusieurs dispositifs afin d’aider les entreprises, plombées par une chute brutale de leurs revenus. L’un d’eux consiste à garantir les prêts accordés par les banques pour faire face aux besoins de trésorerie. Les entreprises peuvent emprunter jusqu’à 25 % de leur chiffre d’affaires hors taxes 2019. Un montant pour lequel l’Etat se porte garant à hauteur de 90 % dans la plupart des cas – les 10 % restant étant supportés par la banque prêteuse.

Seules exceptions : les entreprises employant plus de 5.000 salariés ou réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliard d’euros. Leur prêt est alors garanti à 80 % ou 70 %. L’Etat a largement ouvert les vannes, indiquant que 300 milliards d’euros de prêts pourraient être garantis.

2. Qui peut en bénéficier ?

La quasi totalité des entreprises, quelle que soit leur taille, peuvent demander à obtenir un PGE. Au départ, le gouvernement avait exclu les plus fragiles du dispositif. Mais il a finalement revu sa copie, incluant les entreprises entrées en procédure collective (sauvegarde, redressement, liquidation) depuis le 1er janvier. Ainsi, plusieurs dizaines de milliers de sociétés mal notées par la Banque de France (au-delà de 5 +) y ont déjà eu accès.

En revanche, l’octroi d’un prêt garanti par l’Etat est à la seule discrétion de la banque, à l’exception des plus grandes entreprises, dont le ministère de l’Economie suit directement le dossier. Renault (5 milliards d’euros) ou Air France (7 milliards) en font partie.

3. Quelles sont les conditions du prêt ?

Les entreprises bénéficiaires ne devront rien verser la première année. A l’issue, elles devront s’acquitter du taux reflétant le coût de refinancement sans marge des banques – proche de 0 % en mars -en plus du coût de la garantie publique. Celui-ci s’élève à 0,25 % pour les entreprises ayant un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros, et à 0,50 % pour les autres.

Ce coût sera ensuite susceptible d’augmenter en fonction de la date de remboursement, selon le type d’entreprise, de 0,5 % à 2 %.

4. Ce dispositif est-il risqué ?

Le surendettement des entreprises françaises constitue le principal danger du PGE si la crise économique persiste. Ces derniers mois, grâce aux taux bas appliqués par la Banque centrale européenne, les banques étaient déjà enclines à accorder des crédits. A fin avril, l’encours de crédits accordés aux entreprises atteignait ainsi 1.110 milliards d’euros.

Depuis le début de la crise, les banques ont déjà accordé 100 milliards d’euros de PGE. Alors que certaines entreprises devront se restructurer, une étude de l’assureur-crédit Coface estime que les défaillances augmenteront de 21 % d’ici à 2021 par rapport à 2019.



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