#coronavirus Cluster de coronavirus : définition, carte, où sont-ils aujourd'hui ? – Le Journal des Femmes

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En France, 94 clusters de coronavirus sont en cours dont 7 en Nouvelle-Aquitaine. Santé Publique France indique une augmentation des hospitalisations et admissions en réanimation à Paris pour la première fois depuis le déconfinement. Carte, infos et conseils.

[Mise à jour le mercredi 15 juillet à 11h12] Depuis le déconfinement, les personnes présentant des symptômes évocateurs du Covid-19 doivent être testées ainsi que leurs cas contacts si le test est positif. Ces tests massifs mettent en évidence de nouveaux clusters de contamination en France. Dans un communiqué du 13 juillet, la Direction générale de la Santé confirme que “le virus continue à circuler sur le territoire, comme le montre le nombre de nouveaux clusters : 372 cas groupés depuis le 9 mai, dont 6 nouveaux depuis la veille, mais 217 clôturés”. Parmi les zones sous vigilance : l’Ile-de-France. Dans un bilan du 9 juillet, Santé Publique France indique une augmentation des hospitalisations et d’admission en réanimation à Paris pour la première fois depuis le déconfinement. La majorité des clusters comporte plus de 5 cas avec un nombre moyen de 15 personnes contaminées. Quelle est la définition d’un cluster ? Que faire si on est cas contact ? Où se répartissent les clusters à date ?

Le terme de “cluster” a été employé dès le début de l’épidémie de coronavirus en France quand les premiers foyers de contamination ont été identifiés. “Cluster” est un terme anglais qui signifie en français “grappe” ou “groupe“. Dans le cas de la pandémie de Covid-19, les autorités sanitaires emploient ce terme lors de la survenue d’au moins 3 cas confirmés ou probables, dans une période de 7 jours et qui appartiennent à une même communauté ou ont participé à un même rassemblement de personnes, qu’ils se connaissent ou non.

Le virus Sars-CoV-2 étant très contagieux, plusieurs clusters ont été identifiés en France dès la fin du mois de février. Dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 29 février 2020, le gouvernement confirmait :

  • Un premier “cluster” dans l’Oise, et en particulier sur les communes de Creil, Crépy-en-Valois, Vaumoise, Lamorlaye et Lagny-le-Sec ;
  • Un second “cluster” en Haute-Savoie, dans la commune de La Balme
  • Un troisième cluster à Mulhouse causé par un rassemblement évangélique qui s’est tenu du 17 au 24 février. Sans ce rassemblement “la France serait probablement plus proche de l’Allemagne, a déclaré le Pr Jean-François Delfraissy, Président du Conseil Scientifique Covid-19 le 5 juin sur France Info. Ce cluster majeur de Mulhouse a ensuite disséminé dans l’ensemble de la France (le virus, ndlr), dans la deuxième période du mois de février”.

“Le virus est encore là, et bien là, c’est certain.”

En réaction à ces clusters et pour essayer de freiner la transmission du virus, le gouvernement avait décidé d’appliquer des mesures restrictives : interdiction des rassemblements collectifs dans les villes touchées, fermeture des établissements scolaires, limitation des déplacements… Le virus s’est ensuite largement répandu en France jusqu’au confinement de la population.

Selon point épidémiologique de Santé Publique France, au 18 juin, la carte des clusters en France est la suivante : 

Répartition des clusters (hors Ehpad et milieu familial restreint) en cours d’investigation par département, inclus entre le 9 mai et le 1er juillet 2020

carte cluster france au 1er juillet
Répartition des clusters (hors Ehpad et milieu familial restreint) en cours d’investigation par département, inclus entre le 9 mai et le 1er juillet 2020 © Santé Publique France

Du 17 mars au 11 mai 2020, la population française a été confinée pour freiner l’évolution de l’épidémie de coronavirus et éviter un afflux massif de malades dans les hôpitaux. Le dépistage du coronavirus était alors réservé uniquement aux cas à risque et à certains professionnels comme les soignants. Il n’y avait pas de dépistage des cas contacts donc plus d’identification de “cluster”. Depuis le déconfinement, les personnes présentant des symptômes évocateurs du Covid-19 doivent être testées ainsi que leurs cas contacts si le test est positif. Le but étant d’éviter de nouvelles chaînes de transmission et une deuxième vague épidémique. Au 15 juillet, Santé Publique France indique que 94 clusters sont en cours en France.

Distribution des clusters (hors Ehpad et milieu familial restreint) par semaine de signalement inclus entre le 9 mai et le 16 juin 2020 et selon leur statut au 24 juin 2020

Courbe évolution des clusters de coronavirus en France
Distribution du nombre de clusters selon leur statut (hors Ehpad et milieu familial restreint) et du nombre de cas (tous clusters) par semaine de signalement inclus entre le 9 mai et le 24 juin 2020 (N=272), au 24 juin 2020 © Santé Publique France

Parmi les clusters connus : 

  • 21 clusters en cours en Ile-de-France. Depuis le 8 mai, 85 clusters, hors Ehpad, ont été déclarés en Ile-de-France, principalement dans des établissements sociaux d’hébergement et d’insertion et des établissements de santé, indique Santé Publique France le 9 juillet. Plus de la moitié (51/85) ont été identifiés grâce aux opérations de dépistage élargi. Au 8 juillet, 7 clusters étaient en cours d’investigation (8,2 %), 14 étaient considérés comme maîtrisés (16.5 %) et 64 clôturés (75,3 %). Aucune diffusion communautaire n’a été identifiée à ce stade. “L’épidémie reste bien active dans la région même si le nombre d’hospitalisations quotidien est en baisse. Des disparités départementales sont observées en matière d’hospitalisations et d’admission en réanimation. Une augmentation de ces indicateurs est également constatée à Paris pour la première fois depuis le déconfinement” indique l’Agence sanitaire.
Liste des 32 communes d’Ile-de-France bénéficiant d’un dépistage massif du Covid-19

→ Seine-et-Marne : Melun, Monterault-Fault-Yonne.

→ Yvelines : Elancourt, Mantes-la Jolie, Mureaux, Limay, Mante-la-ville, Trappes.

→ Essonne : Grigny, Evry-Courcouronnes.

→ Hauts-de-Seine : Garenne-Colombes, Colombes, Nanterre, Gennevilliers.

→ Seine-Saint-Denis : Gagny, Bobigny, Stains, Bondy, Drancy, Bourget, Epinay-sur-Seine, Sevran.

→ Val-de-Marne : Villejuif, Limeil-Brevannes.

→ Val d’Oise : Goussainville, Garges-les-Gonesse, Cergy, Argenteuil, Bezons, Gonesse, Sarcelles, Villiers-le-Bel.

  • 31 clusters en cours dans le Grand Est. 65 clusters ont été signalés depuis le 14 mai, 31 sont en cours d’investigation et 34 sont clôturés indique l’ARS du Grand Est dans un communiqué du 10 juillet (17 dans des établissements médicalisés pour personnes âgées, 2 en milieu professionnel, 1 en milieu scolaire et universitaire). 
  • 30 clusters ont été rapportés dans la région Pays de la Loire, dont 7 concernent des EHPAD, selon un communiqué de l’ARS du 24 juin, “mais tous ces clusters ne sont pas apparus en même temps ni ne sont encore actifs” précise l’Agence. L’inquiétude se concentre ces derniers jours en Mayenne où les indicateurs pour le département connaissent une hausse importante et où plusieurs clusters (6 sous la surveillance des autorités sanitaires de la région) ont été identifiés. Dans un communiqué du 8 juillet, l’ARS Pays-de-la-Loire précise que le nombre de nouveaux cas en Mayenne a doublé en 6 jours passant de 109 à 219 personnes testées positives et “ce n’est pas l’intensification du dépistage qui explique cette hausse” ajoute-t-elle, comme “le taux de positivité des tests augmente en parallèle à 8,79%”.
  • 15 clusters en cours dans les Hauts-de-France. Sur les 32 clusters identifiés entre le 9 mai et le 1er juillet, 17 ont été clôturés, 8 sont considérés comme maîtrisés et 7 sont actuellement en cours d’investigation. Parmi les 7 clusters en cours d’investigation, 4 se situent dans le Nord, 1 dans le Pas-de-Calais et 2 dans l’Oise. Parmi les 32 clusters (hors Ehpad et milieu familial restreint) rapportés depuis le début de la surveillance : 34% concernent des établissements de santé, 19% des salariés d’entreprises privées et publiques hors établissements de santé et 16% des communautés en situation de précarité. Depuis le 9 mai, 10 clusters en Ehpad ont été identifiées dans les Hauts-de-France : 3 sont clôturés, 5 sont considérés comme maîtrisés et 2 sont actuellement en cours d’investigation.
  • 13 clusters en cours en Auvergne-Rhône-Alpes. En tout, 34 clusters, hors EHPAD, ont été investigués depuis le 8 mai, 13 en cours d’investigation au 8 juillet, indique Santé Publique France dans un point régional le 9 juillet. Parmi ces 13 clusters, 2 sont à criticité limitée, 4 modérée et 7 élevée. Les 13 clusters en cours de suivi, dont la majorité en milieu familial, se répartissent sur 7 départements : 8 clusters en milieu familial élargi (3 dans le Rhône, 2 dans l’Ain, 1 en Drôme/Ardèche, 1 en Isère et 1 dans la Loire), 3 clusters en milieu professionnel (1 en Ardèche et 2 dans la Drôme), 1 cluster dans des communautés vulnérables entre l’Allier et le Puy-de-Dôme, 1 cluster en milieu scolaire dans le Rhône. Depuis le 14 juin, on dénombre 4 clusters en milieu familial élargi ayant pour origine le retour en France de personnes infectées à l’étranger. Ces cas ont été le point de départ de chaines de transmission dans leur entourage familial respectif, voire au-delà.
  • 8 clusters en cours en Normandie et 8 clôturés depuis le déconfinement (hors clusters intrafamiliaux et en EHPAD).  Parmi les clusters en cours d’investigation : 1 cluster dans l’Eure (cluster établissement de santé); 6 clusters en Seine-Maritime dont 2 en milieu professionnel, 2 en cluster familial élargi, 1 en cluster établissement public ou privé (rassemblements temporaires de personnes) et 1 cluster en unité géographique de petite taille. “Une augmentation du taux d’incidence est observée en Normandie depuis mi-juin. Cette tendance est due à la présence de plusieurs clusters en cours d’investigation en Seine-Maritime, plus particulièrement dans l’agglomération de Rouen dont un concerne un EHPAD. Au total, plus de 140 cas positifs ont été recensés dans l’agglomération rouennaise” indique Santé Publique France.
  • 16 clusters ont été identifiés à Mayotte depuis le début de l’épidémie : 13 clusters professionnels (dont 1 caserne de pompier, 4 commissariats ou gendarmeries, 3 sociétés du secteur de la santé), 1 centre pénitentiaire, 1 cluster géographique de quartier et 1 dans un centre de quarantaine. Au 25 juin, Santé Publique France indique dans son bilan que “deux clusters sont encore actifs et à un niveau maîtrisé (pas de nouveau cas dans les 7 jours suivant la date de début des symptômes du dernier cas connu et poursuite de la surveillance) : le cluster identifié en milieu carcéral et celui dans un groupe de santé privé. Aucun nouveau cluster n’a été identifié depuis le 23 mai.”
  • 8 clusters en cours en Paca. En tout, 14 clusters -hors Ehpad et foyers familiaux restreints- ont été identifiés en Paca dont 5 sont encore en cours d’investigation, 3 sont maîtrisés, 6 ont été clôturés, au 9 juin. Plusieurs cas de COVID-19 ont été détectés dans des exploitations agricoles du pays d’Arles (Bouches-du Rhône) et dans le Vaucluse. Dans un communiqué du 30 juin, l’ARS de la région annonce que trois grandes opérations de dépistage préventif ont été organisées dans les abattoirs des Hautes-Alpes, en dehors de toute identification de cas suspects, à Saint-Bonnet-en-Champsaur, Gap et Guillestre. Les opérations de prélèvements ont eu lieu entre le 16 et le 23 juin dernier et l’ensemble des intervenants au sein des abattoirs ont été testés, soit 51 personnes au total. Tous les tests réalisés sont négatifs. La campagne de dépistage est terminée.
  • 7 clusters en cours en Nouvelle-Aquitaine : Dans un communiqué du 11 juillet, l’ARS Nouvelle-Aquitaine indique que 3 cas positifs au coronavirus ont été détectés parmi des résidents de l’EHPAD Henri Frugier à La Coquille, sur 147 personnes testées. Un isolement spécifique des 3 résidents positifs a été mis en œuvre dans un secteur dédié Covid-19 au sein de l’EHPAD. Par ailleurs 7 clusters ont été identifiés dans plusieurs départements de la Nouvelle-Aquitaine, dont 3 en Gironde, indique l’ARS le 10 juillet. “Depuis début juillet, des frémissements au niveau des indicateurs sont observés : le nombre de cas testés positif au Covid-19 est passé de 47 (du 24 au 30 juin) à 82 cas (du 1er au 7 juillet), l’activité ” consultation Covid19 ” de SOS Médecins de 1 à 3%” souligne l’ARS.
  • 5 clusters en Centre Val-de-Loire sont rapportés au 3 juin dont 4 en cours d’investigation : le premier a été signalé dans un abattoir de Loiret, le 14 mai 2020. Au 3 juin, 96 cas confirmés au sein de l’entreprise ont été recensés dont 5 antérieurs au 11 mai, date du déconfinement. Dans le deuxième cluster, 6 étudiants et un membre de la famille de l’un d’entre eux ont été testés positifs à la cité universitaire de Tours entre 17 et le 22 mai 2020. Les résultats des dépistages des personnes contact sont tous négatifs à ce jour. Ce cluster a été classé comme maîtrisé. Un troisième cluster a été signalé le 25 mai 2020 dans un établissement de soins du Loiret. A ce jour, 14 cas confirmés ont été identifiés dans l’établissement (patients et soignants) et 3 parmi les contacts familiaux.
  • 4 clusters actifs en Occitanie : Parmi les 20 clusters signalés entre le 15 mai et le 6 juillet (en dehors des milieux familiaux restreints), 14 ont été clôturés, 2 maîtrisés et 4 sont en cours d’investigation. Ces clusters actifs se concentrent dans deux départements : le Gard et la Haute-Garonne. Il s’agit notamment dans le Gard (ainsi que dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse pour la région PACA) de la population des travailleurs agricoles comprenant de nombreux saisonniers et sur l’agglomération toulousaine, de communautés vulnérables.
  • 2 clusters en Bourgogne Franche-Comté. Un cas positif au COVID 19 a été signalé chez un enseignant du lycée Hippolyte Fontaine à Dijon le 19 juin dernier, rapporte l’ARS le 29 juin dans un communiqué. Samedi 27 juin, un second cas positif parmi l’équipe administrative a été signalé. Par mesure de précaution, la rectrice de l’académie de Dijon a demandé la suspension des cours à partir du 29 juin prochain jusqu’à nouvel ordre.
  • 1 seul cluster en Bretagne reste en cours d’investigation, c’est-à-dire pour lequel un cas a été confirmé au cours des 7 derniers jours. Les clusters initialement détectés peu après le déconfinement sont pour la plupart maitrisés. Mais “même si ces clusters sont à l’heure actuelle maitrisés, ils ne sont pas encore considérés comme clos au vu du délai de contamination pouvant atteindre 14 jours” précise Santé Publique France. Parmi les premiers clusters en Bretagne après le 11 mai : 69 personnes travaillant dans l’abattoir Kerméné des Côtes-d’Armor testées positives au Covid-19 (200 ont été testées), et un cluster dans un hôpital de Lannion. Les principaux clusters ont été en entreprise

Depuis le déconfinement, une personne qui présente des symptômes évocateurs d’une infection au Covid-19 doit être testée par PCR. Le patient doit respecter sans délai une période d’isolement strict, en attente du résultat du test (et jusqu’à 2 jours après la disparition des symptômes si son test est positif). Le “contact tracing” (tracement des cas contacts, en français) est immédiatement entamé pour identifier les personnes contacts avec le malade de 48h avant l’apparition des premiers symptômes jusqu’à l’isolement. Si le test du patient est positif, les cas contacts sont tous testés. C’est comme ça que de nouveaux clusters ont été identifiés depuis le 11 mai en France. 

Pour permettre le contact tracing de l’ensemble des malades, l’organisation suivante est mise en place : 

  • Niveau 1 – Le médecin consulté par le patient présentant les symptômes de Covid-19 est chargé de réaliser le contact tracing pour l’entourage proche du patient.
  • Niveau 2 – L’Assurance maladie étend la recherche des personnes contacts aux sphères professionnelle, amicale, de loisirs et autres. Elle prescrit aux personnes contacts un test PCR et peut délivrer un arrêt de travail pour les personnes contacts qui ne peuvent pas travailler.
  • Niveau 3 – L’Agence régionale de santé, avec les cellules régionales de Santé publique France, interviendront pour l’identification et l’investigation des clusters et situations complexes, en complément des niveaux 1 et 2.

Quand on est “cas contact”, il faut : 

  • Porter systématiquement un masque grand public en contact avec d’autres personnes à l’extérieur ; 
  • Contacter un centre de dépistage pour prendre rendez-vous. Le test doit avoir lieu immédiatement si vous vivez dans le même foyer que la personne contaminée ou en observant un délai de 7 jours après votre dernier contact avec cette personne, si vous ne vivez pas avec elle ;
  • Se rendre au centre de dépistage avec sa carte d’identité, sa Carte Vitale et son ordonnance pour faire le prélèvement ;
  • Rentrer chez soi et rester confiné en attendant les résultats du test qui interviennent généralement dans les 24 heures au plus tard. 
  • Les cas contacts doivent respecter une période d’isolement pour une durée d’environ 14 jours selon la situation.

Les données collectées dans le cadre des examens de biologie Covid-19 pourront être réutilisées dans le cadre d’enquêtes sanitaires (suivi des patients diagnostiqués positifs au Covid-19 et/ou recherche des ” cas contact “), de surveillance épidémiologique et de recherches via la plateforme des données de santé. Elles seront conservées pour une durée maximale d’un an. “Le patient qui effectue un test Covid-19 ne peut pas s’opposer au traitement de ses données dans l’outil SI-DEP, du fait de l’intérêt public que ce suivi représente” précise le gouvernement.

Sources

Protéger, tester, isoler : les mesures pour casser les chaînes de transmission du virus, communiqué de presse ARS Hauts-de-France, 13 mai 2020.

Tests et dépistage, Gouvernement.fr



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