«30 ans d'insolence», Bernard Mabille dégomme l'actualité


Trente ans à cogner sur les politiciens, les people, bref, sur tout ce qui bouge, ça se fête non ? /  Photo DR Axel Treil


Trente ans à cogner sur les politiciens, les people, bref, sur tout ce qui bouge, ça se fête non ? / Photo DR Axel Treil


Le trublion, qui a fait ses classes avec Thierry le Luron avant de se faire connaître aux «Grosses têtes» ou encore chez Michel Drucker montera dimanche sur la scène du Théâtre Jean-Alary pour commenter l’actualité à sa façon. Mais au fait, qui êtes-vous, Bernard Mabille ?

Vous venez jouer un spectacle intitulé «30 ans d’insolence». Est-ce une sorte de best-of de votre carrière ?

Non, ce n’est pas du tout un best-of. Je n’ai pas écrit de sketch, je suis l’actualité d’aujourd’hui. J’essaie d’écrire une phrase, une vanne. Disons que ça fait 30 ans que je fais le con. Il n’y aura pas de gâteau à la fin, mais c’est une étape dans ma carrière.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, comment résumeriez-vous votre style, votre façon de travailler ?

Ce sont des vacheries avec un angle journalistique. Mais sans frein : sur scène c’est ça l’avantage, il n’y a pas de censure.

Vous changez votre spectacle d’une représentation à l’autre ?

Oui j’enlève ce qui est ancien et je rajoute ce qui vient d’arriver, c’est comme un magazine. Dès lors que vous travaillez avec l’actualité, vous ne pouvez pas garder des choses d’il y a 35 ans. Je ne suis pas un chansonnier, je suis plus inspiré par des gens comme Guy Bedos, Stéphane Guillon. Il faut taper dans le neuf. Et c’est facile, parce qu’ils nous en donnent chaque jour. Tenez, là j’ai noté que Macron va être interviewé par Nikos Aliagas. Il n’y a pas plus fin connaisseur de la vie politique qu’Aliagas. Je n’ai rien contre lui, mais ils nous disent qu’ils ont tout compris de tout. C’est ça qui est terrible : qui a eu cette idée de lui confier l’interview de Macron ?

Envers qui faites-vous preuve d’insolence ? Des politiques ?

J’ai été insolent quand j’écrivais pour les autres, je le suis quand j’écris pour moi-même. La politique, c’est ce qui modèle la vie à 85 % quand même . On n’entend parler que d’eux et c’est ceux qui nous cassent le plus les… Vous m’avez compris. Il y a une certaine vengeance dans ce que je fais.

Et les politiques vous le rendent bien ?

Non ils sont charmants, mais moi je me garde bien de le leur rendre. Si vous commencez à mettre le doigt dans la courtisanerie… Je ne suis pas le Stéphane Bern de l’humour. J’ai toujours été libre, et puis rebelle. Je ne suis pas Ché Guevara mais ça fait du bien de cogner un peu quand même.

Donc dimanche, ça va parler d’Emmanuel Macron, de Nikos Aliagas, à quoi faut-il s’attendre d’autre ?

On va parler des people, de la disparition de grands chanteurs, Aznavour, Hallyday, et des grands hommages nationaux qui leur sont rendus. C’est beau de voir l’État célébrer deux exilés fiscaux. On va aussi parler de taxes, d’essence, de tout un tas de choses. À ce propos, c’est marrant je n’ai jamais vu un ministre faire le plein de sa bagnole. Bref, ce sera 2 heures de discussions, de réflexions et de vacheries sur l’actualité.

Après 30 ans, quel regard portez-vous sur votre carrière ?

J’ai bien de la chance de pouvoir faire ce boulot. C’est toujours un plaisir, quand vous vous levez le matin, de vous dire «qu’est-ce que je vais faire aujourd’hui ? Je vais faire rire les autres». Quand je travaillais à Sud Radio, on avait fait une émission à Carcassonne. Un cafetier m’avait donné un cageot de cèpes. C’est ça mon métier : je ramasse les nouvelles comme d’autres ramassent les cèpes. Les chasseurs en moins, je n’ai pas besoin d’un gilet pare-balles moi.

L’humoriste vient fêter 30 ans de carrière, de traits d’esprits, de vannes et d’uppercuts à Carcassonne dimanche (20 h 30). Où il sera bien sûr question d’insolence…

au théâtre Jean-Alary, dimanche



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